Vendredi 13 Février 2026
Le livre de la semaine : Arrêtez de vous épuiser
Le livre d’aujourd’hui aborde le sujet de l’épuisement. Il faut commencer par éviter les faux coupables. Affronter une charge de travail intense n’est pas nécessairement épuisant si on est dans l’action sans subir passivement. L’alignement avec nos valeurs compte aussi beaucoup : dans le cas du plafonnement du CPF, j’ai travaillé tout le weekend dernier sans souci. Je défends une cause qui fait sens pour moi (l'accès à la formation pour entrepreneurs). Je garde aussi des leviers de récupération très actifs, comme la marche, la lecture de romans, l’écriture dans des carnets, etc.
Il faut distinguer le bon stress de l’épuisement, ce qui n’est pas simple dans un monde du travail toujours plus énergivore. Tout change en permanence, la quantité d’informations à traiter a explosé ces vingt dernières années et la crise de l’attention est réelle (la lecture d’On vous vole votre attention est ici indispensable !). De plus en plus de recherches sur le stress au travail montrent la nécessité des phases de récupération. Découvrons leur puissance grâce au livre de Matthieu Poirot, Arrêtez de vous épuiser !
Activez les bons leviers
L’auteur commence par clarifier ce qui pose problème. Il évoque le coût du présentéisme (être là physiquement mais sans être capable de réfléchir aussi bien que d’habitude), bien supérieur à celui de l'absentéisme. J’ai aimé sa réflexion sur le tabou de la récupération : pourquoi est-ce que personne n’en parle ? Je pense effectivement qu’aucun dirigeant n’est dupe, nous connaissons bien le besoin de récupération. Pourtant il n’est pas commun de placer ce besoin comme un des objectifs stratégiques du trimestre à venir par exemple. Dans le Carnet du Temps, je propose d’ailleurs plusieurs façons pour placer des temps de récupération dans son calendrier.
Puis, Matthieu Poirot, fort de son expérience de psychologue et docteur en gestion, présente 5 leviers de récupération psychologique :
- Le détachement consistant à vraiment débrancher mentalement du travail, pas juste être physiquement absent.
- La relaxation active avec des techniques concrètes de détente comme la méditation, la respiration ou le sport.
- Le sentiment de maîtrise associé aux activités où on progresse et au développement de compétences hors du travail.
- Les activités de plaisir pour faire des choses juste pour le plaisir, sans objectif de performance.
- Le contrôle qui vient en reprenant la main sur son agenda et ses priorités.
Le livre est aussi riche en rituels de transition qui permettent de dire au cerveau que “le travail est fini”. Je retiens aussi l’idée du portfolio identitaire et celle que la récupération est un jeu organisationnel. L’auteur prend d’ailleurs l’exemple des forces spéciales ou des pompiers qui ont intégré la récupération comme partie du rythme de travail !
Mon exemple préféré : les racines culturelles françaises du tabou
On dit que la France a un problème avec l’argent, mais est-ce que nous n’avons pas plutôt un problème avec la récupération ? Ce paragraphe m’invite à le croire :
“La culture occidentale, et particulièrement française, entretient un rapport complexe avec la récupération. Cette perception s’enracine dans plusieurs croyances profondément ancrées :
1. Le mythe du héros infatigable : dans notre culture professionnelle, nous célébrons souvent ceux qui semblent capables de travailler sans relâche, établissant ainsi une norme implicite où le besoin de repos est perçu comme un signe de faiblesse. Prenons, par exemple, ces caricatures que l’on retrouve dans des magazines économiques ou de management, où certains dirigeants affirment ne dormir que 3 à 4 heures par nuit, tant ils sont dévoués à leur travail. Cependant, cette image n’est qu’un mythe. En réalité, plus on vise la performance, plus le besoin de sommeil devient crucial pour atteindre son plein potentiel. La performance s’accompagne de fatigue et nécessite des périodes de récupération prolongées, lesquelles tendent à s’allonger avec l’âge. L’idée n’est donc pas de travailler plus, mais de travailler de manière plus intelligente afin de maintenir une performance durable.
2. Confusion entre présence et performance : de nombreuses organisations continuent d’associer le temps passé au bureau à l’engagement professionnel, malgré les preuves scientifiques démontrant l’inefficacité de cette approche. Par ailleurs, l’une des problématiques majeures réside dans le fait que, bien souvent, les dirigeants ressentent le besoin d’avoir leur équipe physiquement présente autour d’eux pour se sentir comme de véritables managers. J’ai souvent entendu cette idée selon laquelle les responsables souhaitent voir leurs collaborateurs travailler à leurs côtés.”
Vous pouvez commander Arrêtez de vous épuiser sur la boutique en ligne d’Eyrolles, sur le site Place des Libraires en identifiant une librairie près de chez vous, ou sur les plateformes de vente en ligne (Fnac, Amazon).
Beau week-end et belles lectures.
Alexandre Dana
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